Et en Chine ? Rien n'a été fait pour sauver le baiji ?

Si, il existait un plan chinois qui consistait à capturer des baijis pour les mettre dans des bassins clos ou semi clos. Mais, faute d’en trouver, ce plan n’a jamais été réellement instauré. Cette histoire montre que la conservation des espèces est une affaire compliquée car plusieurs aspects (économiques, culturels, politiques) interagissent et influencent le résultat.

Les efforts des autorités chinoises

Le sauvetage du baiji : un enjeu également économique ?

Si l’administration chinoise en charge de la conservation avait disposé de ressources suffisantes, la situation aurait peut-être été différente.



Le bassin fermé de la réserve de Tian-e-Zhou.
Photo de Xiaoqiang Wang avec l’autorisation de l’Institut d’hydrobilogie de Wuhan

C'est un lieu commun de dire que la surveillance des zones protégées a été peu efficace le long du fleuve. Dans la réserve de Tongling, par exemple, les patrouilles quotidiennes des gardes étaient quasi inexistantes et leurs équipements n'étaient de toute façon pas adaptés pour interpeller efficacement les braconniers. D'une certaine manière, la disparition du baiji est donc aussi le résultat d’un enjeu financier.

Mais si la Chine n’a pas su (ou jugé bon de) se doter des moyens humains et techniques pour faire appliquer la législation et mener les recherches sur les baijis qui s’imposaient, c'est aussi que l’approche suivie par le gouvernement chinois a reflété les priorités économiques et politiques du pays. La position des scientifiques chinois était d'ailleurs alignée sur la vision politique puisque ces derniers ont privilégié la solution ex situ, jugeant impensable de bouleverser la vie économique du fleuve au simple prétexte de sauver un dauphin. Ils ont d'ailleurs rapidement jugé le baiji comme une cause perdue, et ont préféré se concentrer sur d’autres espèces, comme le marsouin

Le Marsouin, la prochaine victime ?

Le marsouin aptère est l'une des six espèces de marsouins au monde. Une sous-espèce d'eau douce unique fréquente le fleuve Yangtze en Chine. Malheureusement, en 2007, la communauté internationale a tiré la sonnette d’alarme. Estimée à plus de 2000 à la fin des années 1990, cette population est descendue à environ mille exemplaires en 2014. Le marsouin du Yangtze est actuellement classé comme « en danger critique » dans la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la conservation de la Nature). Vivant dans le même environnement que le baiji, essuyant donc les mêmes contraintes quotidiennes, la question de sa survie est aujourd’hui fortement posée. Avec un taux de réduction de 13% par an, les experts estiment en fait que le marsouin du Yangtze pourrait disparaître d’ici la prochaine décennie.

Pour sauver le marsouin, les autorités chinoises ont à nouveau choisi l'option de la conservation ex situ. Puisqu'il est impensable de vouloir enrayer le développement économique du fleuve, la seule issue pour la communauté scientifique chinoise, consiste à reconstituer une population pour la relâcher ensuite dans le fleuve. C’est la réserve semi-naturelle de Tian-e-Zhou qui a été choisie pour assurer cette reproduction. Mais, à ce jour, les techniques de reproduction des marsouins restent non maîtrisées et donc à risque. Vu l’échec essuyé pour le baiji, il n’est pas étonnant que la communauté internationale se pose des questions.


La Terre de Luna participe à cette tentative de sauvetage puisque 1 % des ventes est reversé à la fondation chinoise qui gère la réserve de Tian-e-Zhou.

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