Faut-il et peut-on sauver toutes les espèces sur Terre ?

Le « faut-il » et le « peut-on » ? A ces deux questions, il est difficile de répondre tant les positions des uns et des autres divergent, selon leurs intérêts.

Les espèces disparaissent-elles plus vite qu’avant ?

En 2009, a été célébré le deux centième anniversaire du naturaliste britannique Charles Darwin qui a, pour la première fois, démontré que l'évolution des espèces est une réalité et que « l'homme descend du singe. » Cette théorie révolutionnaire prend à contre pied la vérité biblique en affirmant que l’homme n’est pas le résultat de la volonté créatrice de Dieu. Sur le plan philosophique, elle a constitué une véritable bouleversement dans la conception de la place de l'homme dans l'univers. Le livre publié en 1859 De l’origine des espèces reste un des livres les plus importants de l’histoire de la science.

Fondement de la théorie actuelle de l’évolution, la théorie de Darwin considère que, étant donné que tous les individus d'une espèce diffèrent au moins légèrement, et qu’une petite partie de ces individus réussit à se reproduire, seuls les descendants des individus les mieux adaptés à leur environnement participeront à la génération suivante et transmettront leurs caractères à leur descendance. Il baptise du nom de sélection naturelle cette conservation des individus les mieux adaptés. Au début du XXe siècle, la découverte des lois de Mendel et de la génétique bouleverse la compréhension des mécanismes de l'évolution, donnant naissance à la théorie synthétique de l’évolution.

Une idée forte est que les espèces naissent, vivent et meurent. Elles auraient une durée de vie moyenne de deux millions d’années. L’extinction de certaines espèces et leur remplacement par d’autres est donc un processus normal de l’évolution.

Evidement, la théorie darwinienne est progressivement complétée. Ainsi, pour les phylogénéticiens, il n’y a pas d’évolution positive dont l'homme serait le bilan final parfait. Homo sapiens n'est pas un progrès par rapport à un poisson : il est moins adapté à la vie aquatique ! Nous ne sommes qu'un des exemples du hasard et de la nécessité.

Si on estime à 97 % le pourcentage d’espèces éteintes en raison soit des changements climatiques soit d’évènements géologiques – météorites, volcans, etc. – provoquant des extinctions massives, on note depuis la fin du 19ème siècle une tendance forte en matière de dispariation d'espèces. Et pour la première fois, la nature n'est pas en cause puisqu'il y a de bonnes raisons de penser que l’homme, par le biais de l'industrialisation, intervient fortement dans ce processus, notamment en impactant l'équilibre climatique.


La sixième instinction de l'Holocène

L'extinction de l'Holocène est le nom donné habituellement à l'extinction massive et étendue des espèces durant l'époque contemporaine, ou dite « moderne » de l'Holocène dans laquelle nous nous trouvons.

Faut-il préserver les écosystèmes pour protéger toutes les espèces ?

Changement d’écosystème : le barrage des Trois Gorges sur le fleuve Yangtsé

Photo satellite de la réserve de Tian-e-Zhou
Google Maps

L’écosystème est un concept créé en 1935. Il désigne alors l'ensemble de la faune et de la flore réunies dans un espace naturel. L’air, la terre, l’eau et les organismes vivants agissent les uns sur les autres pour se développer. Les différents écosystèmes terrestres, marins, côtiers et des eaux intérieures sont riches de leur diversité. Ils sont caractérisés par une organisation et une dynamique. La biodiversité, contraction de diversité biologique, désigne donc la variété et la diversité du vivant.

Tous les êtres vivants dépendent les uns des autres pour se nourrir. Ces interactions forment des chaînes qu’on dit alimentaires dont le premier maillon est toujours d’ordre végétal. Dans le Yangtze, en tant que prédateurs, les dauphins d’eau douce occupent le sommet de la chaîne alimentaire, assurant ainsi l’équilibre global de l’ensemble. Mais du premier maillon (le phytoplancton d'ordre végétal) au sommet, toute une gamme d’êtres vivants est concernée : mollusques, larves, insectes, petits poissons, plus gros. Ils transmettent leurs richesses mais aussi tous les polluants et produits nocifs. En cela, les baijis sont une espèce indicatrice de l’état de santé du fleuve.

Les espèces sont donc partie intégrante de leur écosystème. Et vouloir les sauver nécessite d’observer, de quantifier, d’analyser et de préserver les écosystèmes. Désormais, pour préserver la biodiversité, la mode est moins à la préservation des espèces qu'à la défense des écosystèmes.

Le tigre de Chine aurait réapparu !

Photo  : Wikipedia

Les autorités ont interdit la chasse dans la région de Zhenping, dans le nord-ouest de la Chine, où a été aperçu un tigre de Chine méridionale, espèce que l'on croyait disparue de son milieu naturel depuis une vingtaine d'années. Le jeune tigre (panthera tigris amoyensis) a été photographié dans la province de Shaanxi par un paysan, et les experts pensent avoir reconnu un tigre de Chine, dont quatre milles individus vivaient encore dans le centre et le sud du pays dans les années 1950. Actuellement, une soixantaine de tigres de Chine vivent dans des zoos chinois.

La féra du lac Léman : un autre retour

Image : Ellen Edmonson and Hugh Chrisp

Du fait d’une pêche importante et d’une grande pollution ayant entraîné l’eutrophisation des eaux du lac, la féra avait disparu dans les années 1920. Dans les années quatre-vingt, l’interdiction des lessives phosphatées, l’amélioration des stations d’épuration ont contribué à une amélioration de l’écosystème et favorisé l’adaptation de féras provenant des lacs de Neuchâtel et Constance. La féra est maintenant devenue une ressource importante pour les pêcheurs.